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26/05/2015

CR conférence Chantal Colleu Dumond à Chaumont

Conférence aux Jardins de Chaumont

29 Avril 2015

"Une femme dans le monde des Ambassades"

Chantal Colleu-Dumond

 

La conférence commença avec les mots de notre Présidente Annie BEULIN WEBER : présentation de la Fédération Femmes 3000 et des Mardis du Flore, puis de la Délégation du Loir-et-Cher et des évènements à venir... 

En ce jour du 70ème anniversaire du 1er vote des Françaises, elle nous a raconté le long parcours des revendications des femmes pour l’obtention du droit de vote. En France, il a fallu attendre presque un siècle pour que les femmes soient reconnues comme citoyennes à l’égal des hommes, le 21 avril 1944, longtemps après 25 autres pays, dont la Nouvelle- Zélande dès 1893 ! Et c’est un an plus tard, le 29 avril 1945 qu’elles ont voté́ pour la 1ère fois, à l’occasion des Municipales.

 

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Mme COLLEU-DUMOND, commença par se présenter et exposer les questions qu’elle s’est posées à elle-même sur une vie qui va très vite afin de répondre au sujet de notre conférence. « Comment se construit une vie ? Comment trouve-t-on ses valeurs profondes ? Comment échappe-t-on à une route toute tracée ? Il faut saisir la chance, le hasard, mais il n’est pas toujours facile de les déceler... »

Elle était programmée pour rester à Tours, se marier, avoir des enfants et ne pas travailler. Mais elle fit de longues études, à Tours puis à Paris, avant de partir à l’étranger.

 

Mme COLLEU-DUMOND insista sur le rôle de l’éducation familiale et scolaire qu’elle reçut de sa mère, extraordinaire, le socle de l’amour pour toute une vie dit-elle, et d’un père marin avec des récits de voyage qui disaient que tout était possible. Elle insista aussi sur la place de la littérature qui fut importante pour la jeune femme qu’elle était dans les années 1970 / 80 et des professeurs remarquables qui l’ont mise sur la route vers elle-même.

 

Mr Boutros Boutros-Ghali, ancien secrétaire général des Nations-Unies et de la francophonie disait : « Plus vous connaissez de langues étrangères, plus vous élargissez votre vie ». Mme COLLEU-DUMOND partage ce goût des langues, qu’elles soient anciennes ou vivantes, même si l’allemand fut essentiel tout au long de sa carrière.

Elle nous dessina sa jeunesse, jeune femme des années 1970/80, soumise à des héritages contradictoires entre le 19ème siècle et mai 1968. Elle lisait « le Deuxième Sexe » de Simone de Beauvoir, écoutait en cachette l’émission de Ménie Grégoire, était fascinée par Coco Chanel et Colette. Son parcours universitaire la mena sur les bancs d’Hypokhâgne puis de la Sorbonne jusqu’au CAPES et à l’agrégation de lettres. 


Elle avait choisi le métier de professeur, qui représente pour elle un passeur qui éveille les esprits. C’est aussi un métier de service public qui correspond à son gout de l’intérêt général. Sa carrière commença comme professeur dans un collège du Pas-de-Calais, au pied du plus grand terril d’Europe. Mais elle avait envie d’autre chose, le refus de la répétition, la peur de la pétrification.

 

Elle avait entendu parler de l’Institut Français de Varsovie et elle rêvait de cette vie- là, avec un gout d’aventure et de passion. Un an après sa candidature, la réponse tomba : elle disposait d’une heure pour décider de la direction de sa vie. On lui proposait un poste à Essen, dans la Ruhr.

Pour elle, ce qui était important, c’est d’aller là et de participer à la paix. La culture est un moyen de partage et de compréhension.

 

Elle devait apprendre à être Directeur d’Institut, à gérer des équipes, à entre responsable de la comptabilité, tout cela dans un milieu masculin avec des hommes de plus de 20 ans de plus qu’elle, souvent sympathiques mais condescendants. L’anecdote : les courriers étaient adressés à « Mademoiselle et Messieurs les Directeurs ». Leurs attitudes allaient du paternalisme à l’ironie, jusqu’au jour où le Directeur de l’Institut Français de Berlin l’a aidée et adoubée. Cette expérience lui a permis d’acquérir les codes et le vocabulaire de la diplomatie. La diplomatie est l’art de résoudre les difficultés, le goût de la discrétion, la prudence et l’obsession de la sécurité.

C’était aussi une époque d’attentats qui l’a fait mûrir très vite... Notamment celui contre l’Institut Français de Berlin par le bras droit de Carlos qui fit un mort et 23 blessés, le 25 août 1983.

L’aventure continue à Bucarest, au poste de conseiller culturel et scientifique, mariée à un diplomate et jeune maman d’un bébé. Personne ne voulait accepter ce poste, la peur et la paranoïa domestique dans un climat de psychose, imposaient la sécurité intérieure, des rencontres secrètes entre diplomates : interdiction de parler au téléphone, nouveaux codes à découvrir, rencontres dans des jardins publics. C’était en 1988 sous le régime des époux Ceaucescu. « On touchait l’Histoire du bout des doigts ».

 

Elle fut ensuite nommée à Paris au poste de responsable des Affaires internationales au Ministère de la Culture en 1991. Elle ne connaissait rien des questions multilatérales et s’est jetée à l’eau. Rencontres mensuelles à Bruxelles et à Strasbourg au Conseil de l’Europe. Elle créa le « Courant d’Est », programme dont le but était de faire venir en France des responsables étrangers de galeries et de théâtres, et de travailler sur les droits d’auteur à la française. Cette expérience lui a permis de voyager à l’étranger, avec le Ministre de la Culture : Jérusalem, Liban, Vietnam, Italie... etc.

 

En 1995, elle devient Conseiller Culturel à Rome. Son mari, alors en Afrique, accepte un poste moins important pour être avec elle à Rome. Une fois de plus, elle était la première femme à ce poste. Elle gérait 600 personnes et donna naissance à sa 3ème fille.

 

C’est alors qu’elle fit la connaissance de Jean-Paul PIGEAT, créateur du « Festival des Jardins de Chaumont » depuis 1992, initié aux jardins par l’écrivain voyageur Nicolas BOUVIER. Jean-Paul PIGEAT avait été appelé en 1988 par Jack Lang pour lancer la politique de rénovation des jardins et décéda brutalement en 2005.

Passionnée par le Patrimoine, elle créa la collection « Capitales oubliées » et a dirigé le Centre culturel de l’Abbaye Royale de Fontevraud, consacré à l’image du patrimoine.

 

Elle rejoignit ensuite, de 2003 à 2007, le réseau culturel français en Allemagne, en qualité de Conseiller culturel près l'Ambassade de France à Berlin. Elle gérait alors une levée de fonds de 24 M d’euros, le label européen du patrimoine, et accueillait les ministres, très nombreux en Allemagne, comme Luc Ferry et François Fillon. En parallèle, elle était Secrétaire générale du HCCFA de 2001 à 2009.

Depuis septembre 2007, Chantal Colleu-Dumond dirige le nouvel établissement public du Domaine de Chaumont-sur-Loire.

 

Chantal COLLEU-DUMOND est une personne façonnée par la vie, elle est toujours dans le doute, l’interrogation, l’obsession d’apprendre et de se lancer de nouveaux défis : rien n’est impossible. Elle se posera toujours des questions et son souhait le plus cher est la transmission du savoir, des connaissances, de la culture...

Cette vie extraordinaire lui a permis une accélération de vie. Pour elle, l’important c’est d’être bien, d’être celui ou celle que l’on souhaite. Elle ne se pose plus la question de savoir si elle est une Femme : elle est une Personne.

« C’est cette lumière vive que l’on porte en soi et qui vit malgré les vents, rien n’est impossible ».

 

Céline Santos
Secrétaire Femmes 3000 Loir & Cher

 

 

 

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